Jawhar – Winrah Mara


Avril 2019

Jawhar – Winrah Mara

Date de sortie: 20 avril 2018

Label: 62TV Records


Un brin d’histoire :


Depuis quelques temps, HISS & POP cherchait une perle de Word Music à envoyer à ses fidèles abonnés. En Jawhar, on ne pense pas se tromper en te proposant un artiste aux 1000 facettes. Touchant, poétique, engagé et empreint d’une douceur orientale à toute épreuve.

Né dans la banlieue de Tunis, à Radès, il grandit dans une famille où la culture et l’art ont une place prédominante. Sa mère est professeure de littérature arabe, amoureuse de poésie et de musique, son père est actif dans le monde du théâtre et de l’engagement dans la politique culturelle.

A vingt ans, il quitte sa Tunisie natale pour se rendre à Lille où il étudiera l’anglais, tout en s’adonnant à la musique. Il découvre Nick Drake, s’amourache de Pink Floyd et se perd dans les poèmes de William Blake et Emily Dickinson.

Après des détours dans le monde du théâtre (on t’en parle plus bas), entre la Belgique et la Tunisie, il s’installe à Bruxelles et y enregistrera son premier album, « When Rainbows Call, my Rainbows Fly », paru en avril 2004.

Dix ans plus tard, il sort « Qibla Wa Qobla », son deuxième album, qui remportera l’Octave de la Musique du « Meilleur album de l’année ».

Avec « Winrah Marah » en 2018, il confirme sa position de leader de la folk orientale. Il y mêle la musique traditionnelle et les longues envolées hypnotiques Pink Floydiennes, nous emmenant dans d’immenses déserts où il fait bon enfoncer ses orteils dans le sable chaud.

HISS & POP, c’est ça aussi.


Artistes similaires :

Tinariwen, Nick Drake, James Taylor, Bombino, Pink Floyd, Tamikrest, Tamino, Rokia Traoré, Elliott Smith, Cat Stevens.


Quelques anecdotes:

- Le style oriental dans lequel classer Jawhar est le Chaâbi. Originaire d’Algérie et signifiant « populaire », le Chaâbi désigne les Francis Cabrel locaux, mêlant la guitare et les sonorités andalouses aux traditionnels arabes. Considérée comme « la musique des pauvres » (en opposition à la musique classique, réservée aux hautes classes), le style est populaire dans toute l’Afrique du Nord et chaque pays le façonne à sa manière, avec ses différentes icônes.

A l’instar d’un Tinariwen esseulé, Jawhar mêle admirablement le style avec des instruments plus modernes. En effet, les instruments traditionnels dans le Chaâbi seront plutôt la mandole, le derbouka, le tar ou encore le ney (sorte de flûte en roseau).

- On te le disait, Jawhar vient d’une famille où la culture était importante. Son père lui ayant transmis l’amour du théâtre, il ne trouvera toutefois pas ses aspirations profondes dans les pièces tunisiennes. Déjà révolutionnaire et plutôt dans un esprit de contre-culture, il y voit des thèmes trop faciles, banals et peu engagés.

Lorsqu’il arrive à Lille, il jouera dans des pièces anglophones, avant de quitter son cursus, les metteurs en scène blaguant sur son « accent de facteur ».

La Belgique sera son refuge théâtral, il y fera pléthore de rencontres et s’intéressera à une nouvelle forme de théâtre, mettant l’humain au centre de la scène. De Bruxelles à Tunis, il écrira et jouera dans de nombreuses pièces sur des thèmes variés tels que l’amour et le sexe dans le monde arabe, des sujets tabous dans ce genre de pays.


- « Winrah Marah » signifie « Où est partie Marah ? ». Il y raconte l’histoire d’un enfant inventé par une femme qui n’en a pas, dans une société où ce genre de cas est très mal vu.

- Dans « Shereb », il parle de l’idiot du village. Dans son enfance, il était fasciné par les personnages atypiques et hauts en couleurs. Il compris plus tard que ce genre d’être s’exclut seul de la société afin d’avoir la paix. Il décrit les « vrais fous » dans le morceau « Khoussoufs » où il parle des islamistes et de leur folie religieuse.


- A ses débuts, Jawhar a eu la chance d’ouvrir pour des grands noms de la musique orientale, du moins ceux qui sont populaires en Europe : Shusheela Raman, Boubacar Traoré ou encore Keziah Jones.

Plus récemment, il a notamment ouvert pour Charlotte Gainsbourg.

S’pas rien, hein ?


- Pourquoi Jawhar aime la Belgique ? Il le dit lui-même : « je me sens en phase avec l’esprit belge, cette décontraction face aux choses de la vie, ce manque de prétention qui fait du bien. Et qui, même à la campagne, fait qu’on ne me regarde pas comme un arabe ». AMEN, viens on s’craque une Cara !


Prochaine date près de chez toi :


Après une longue tournée en 2018 emmenant notre troubadour de Beirut à Paris, Jawha n’a encore rien annoncé dans nos contrées en 2019. A suivre …


Pour en savoir plus :

www.jawharmusic.com

« Winrah Marah touche au sublime via dix chanson folk-rock qui, en arabe, tirent un trait d’union entre la fragilité de Nick Drake et le charme ténébreux de Timber Timbre tout en s’inspirant des musiques traditionnelles africaines. Un grand disque qui mérite toute votre attention. »

Moustique, 18 avril 2018.



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