Cold Specks - Neuroplasticity


Février 2020

COLD SPECKS - Neuroplasticity

Date de sortie : 25 août 2014

Mute RecordsSub Pop Records


Un brin d’histoire :


Après Orville Peck le mois passé, HISS & POP reste dans les contrées canadiennes pour te faire découvrir une artiste aux origines somaliennes, dont la soul empreinte de doom ne te laissera pas indifférent. Née à Etobicoke, dans la banlieue de Toronto, Ladan Hussein commence le chant à 15 ans, morte d’ennui dans sa pettie ville où il ne se passe jamais rien. Fille de musiciens, elle rêve de devenir un jour guitariste d’Interpol ou des Strokes, mais ne semble pas taillée pour l’instrument. Elle préférera donc s’adonner au chant, non sans trouver de ressemblances avec Tom Waits lorsqu’elle pousse ses premières vocalises. Cold Specks se forme en 2011 et la chanteuse, alors, préfère garder un mystère autour de sa réelle identité en se faisant simplement appeler Al Spx. En 2012, le premier album ‘I Predict a Graceful Explosion’ est acclamé par la critique. L’album est produit par le prodigeux Jim Anderson, qui continuera de collaborer avec Cold Specks par la suite (on t’en parle plus bas). L’album est nominé en 2012 au Polaris Music Prize (célèbre cérémonie d’awards canadienne), mais le prix sera remporté par Feist. Nomination réitérée en 2015 à la sortie de la perle que tu tiens entre tes mains et qui confirmera la qualité de l’artiste. En 2017 sort ‘Fool’s Paradise’ qui fera la part belle aux synthés et autres machines électroniques, donnant un nouveau tournant à la carrière de la Belle.



Artistes similaires :


FKA Twigs, Massive Attack, PJ Harvey, Sam Cooke, Anna Calvi, Amy Winehouse, Nina Simone, Janelle Monae.


Quelques anecdotes:


- Le nom ‘Cold Specks’ provient du roman ‘Ulysse’, écrit par James Joyce. Considéré comme un pilier de la littérature moderne américaine, il a suscité la controverse lors de sa sortie en 1922, la bienséance considérant le livre comme obscène. Entre ses lignes, on peut y lire ‘Born all in the dark wormy earth, cold specks of fire, evil, lights shining in the darkness’.


- Le morceau ‘Absisto’ qui ouvre l’album est le premier morceau composé pour ‘Neuroplasticity’, mais également le dernier à avoir été achevé.


- ‘Body at Bay’ parle des frustrations de la chanteuse lorsqu’elle fait des interviews et qu’elle donne à chacun des journalistes un brin d’ellemême. Deuxième single extrait de l’album, le clip fait la partbelle aux fumées psychédéliques évoquant les fonds de scène des premiers concerts de Pink Floyd.


- Depuis longtemps, la chanteuse nourrissait le rêve d’un jour écrire un morceau en duo avec Michael Gira, tête pensante et chanteur du célèbre groupe expérimental Swans. Si elle pu exaucer ce rêve sur l’album de ces derniers, ‘To Be Kind’, elle a également invité le chanteur sur deux morceaux : ‘Exit Plan’ et ‘A Season of Doubt’. Elle décrit ce dernier morceau comme le plus unique de ‘Neuroplasticity’. Elle l’imagine écouté dans un coin sombre et chaleureux d’un club de jazz, contrairement au reste de l’album beaucoup plus gothique. Le morceau a été enregistré après les nombreuses manifestions survenues aux USA suite à la décision de jury populaires de ne pas poursuivre des policiers Blancs responsables de la mort de jeunes américains Noirs. Très touchée, la chanteuse a voulu écrire ce titre en pensant notamment à son petit frère de 12 ans et donc le même âge que Tamir Rice, tué par des policiers alors qu’il portait un pistolet en plastique.


- Si la musique doom parle régulièrement de thèmes sombres, la chanteuse est fort inspirée par sa vie personnelle. Pendant des années, la chanteuse s’est battue contre son anorexie et une dépression profonde, la menant à une tentative de suicide où elle fut sauvée, in extremis, par son cousin. Après avoir été diagnostiquée schizophrène et continuant de subir un traitement médicamenteux après plusieurs cures, elle semble toutefois aller mieux. On notera tout de même cette phase étrange de sa vie où la paranoïa pris le dessus lorsqu’elle écoutait le rappeur Drake. Elle était, en effet, convaincue que le chanteur lui envoyait des messages subliminaux via Instagram et que son dernier album était composé uniquement à son sujet. Bref, une condition qui fait froid dans le dos mais qui peut être une belle source d’inspiration aussi !


- L’album est produit par Jim Anderson, qui est également son ex-boyfriend. Le producteur est anglais est également connu pour avoir été aux manettes d’albums de Moby, Massive Attack, Anna Calvi ou encore The Twilight Sad.


Pour en savoir plus :

https://www.orvillepeck.com/

« It’s so funny how, now, that’s stopped kind of being an issue, I guess. The first few shows we ever played, I definitely felt insecure going out and wondering what people would think. But I think the really magical thing about this album is that people have really connected to it in an amazing way, which is more than I ever could have hoped for.»

Ladan Hussein, thestar.com, 10 décembre 2018



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