Chet Baker - Chet Baker Sings


ESSENTIALS - Septembre 2020

CHET BAKER - Chet Baker Sings

Date de sortie : 30 Juillet 1956

Pacific Jazz Records


Un brin d’histoire :


Le monde du Jazz est rempli de figures emblématiques qui ont changé le cours de l’histoire de la musique grâce aux sensibilités de leurs feelings enivrants. Cependant, peu l’ont fait à la manière flamboyante de Chet Baker. Né Chesney Henry Baker, Jr dans un trou perdu de l’Oklahoma en 1929, le beau gosse du Jazz commence sa carrière lorsqu’il est envoyé à l’armée par ses parents, parce que trop turbulent. Il y joindra un Army Band et y perfectionnera sa compréhension de la musique mais pas vraiment celle de la rigueur militaire… Au début des 50’s, Baker performe avec plusieurs saxophonistes de renom tels que Stan Getz, le grand Charlie Parker, et Garry Mulligan. Ce dernier lancera définitivement sa carrière en créant avec lui « one of the coolest jazz bands of all times », grâce aux contrepoints que l’un et l’autre se renvoient durant leurs prestations. Mais c’est en 1954 que viendra la vraie consécration, avec l’album que tu tiens dans tes mains. Pour la première fois, Chet Baker s’approche du micro, et délivre un album qui bouleverse l’Amérique, et surtout une légion de jeunes admiratrices, envoûtées par son charisme et un son si sensuel. Après une descente aux enfers et un comeback européen dans les 70’s, la carrière, et la vie du jazzman, prendront fin d’une façon tragique. En effet, il chutera de la fenêtre de sa chambre d’hôtel à Amsterdam après avoir absorbé une grande quantité d’héroïne et de cocaïne


Artistes similaires :


Garry Mulligan, Frank Sinatra, John Coltrane, Ella Fitzgerald, Louis Amstrong, Bill Evans.

Quelques anecdotes:


- « Chet Baker sings » est une collection de standards du Jazz, c’est à dire qu’il reprend de grands classiques et les adapte à la sauce Baker. Un peu comme un album de reprises quoi… ou « My Way » de M. Pokora (si si on te le jure !) D’ailleurs, ce bijou ne comptait que 8 pistes à l’époque lorsqu’il est pressé par Pacific Jazz Records, mais sera repressé avec 6 chansons supplémentaires en 1956 (la version qui est maintenant dans ta collection).

- Une fois dans l’US Army, il joint le 298th Army Band, avant d’entreprendre des études de musique à Los Angeles, pour finalement retourner dans l’armée. Il finira par s’en faire expulser pour « non adaptabilité à la vie dans l’armée » (thanks God !).


- Chet Baker fut bercé dans la musique depuis son plus jeune âge. Son père était un guitariste professionnel et sa mère une excellente pianiste. Alors enfant, Chet reçoit de son père un trombone qu’il délaissera vite pour la trompette, qu’il trouve plus sensuelle… et moins encombrante.

- La chanson «My Funny Valentine» deviendra la chanson signature de Chet Baker, ainsi, qu’un monument du West Coast Jazz. Ce standard se retrouve aujourd’hui sur 1300 ablums, enregistrés par quelques 600 artistes.

- Grâce à son look et sa popularité, beaucoup de fans (et de critiques) lui voyaient une carrière à Hollywood. On lui attribuait le professionnalisme et la classe de Frank Sinatra et l’allure dangereuse et macho de James Dean.


- Chet était un amoureux des femmes, mais également des voitures ! Dans une interview celui-ci décrit, que le plus beau jour de sa vie était probablement celui où il reçu les clés de son Alfa Romeo SS. Un statement qui n’a surement pas ravi ses... 3 femmes.


- Le beau Chet, reportera, à deux reprises, entre autres, le prix du public du prestigieux Down Beat magazine, coiffant au poteau le sérénissime Miles Davis.


- On t’en parlait plus haut, Chet était un grand heroin-addict. Il fut arrêté et emprisonné un nombre incalculable de fois pour possession de stupéfiants. Ses diverses frasques furent largement relayées dans la presse, ce qui lui cultiva également cette image de Bad Boy au cœur tendre. En 1966, Baker se fait tabasser par un dealer à San Francisco, qui lui casse les dents et la mâchoire, ce qui l’empêcha de jouer de la trompette pendant plusieurs années.


- Le film documentaire en noir et blanc « Let’s Get Lost » réalisé par Bruce Weber , paru en 1988, raconte la vie du grand virtuose à travers des interviews d’amis de l’artiste, et du jazzman lui-même ! Un must-see !

Pour en savoir plus :

http://www.chetbakeronline.com/

« You better watch out...there’s a little white cat out in California that’s gonna eat you up. »

Charlie Parker à Miles Davis & Dizzy Gillespie, New-York, 1954.



  • White Facebook Icon
  • White Instagram Icon
0