Astronautalis – Cut The Body Loose

Mis à jour : 27 sept. 2018


Septembre 2018

Astronautalis – Cut The Body Loose

Date de sortie: 13 mai 2016

Label: SideOneDummy Records

Un brin d’histoire :

Andy Bothwell, 36 printemps à l’heure où nous écrivons ces lignes, n’est pas un rappeur comme les autres. Exit les clichés du rap gangsta où les gonzesses lavent des voitures en mini-short, voici un flow servi sur un plateau d’argent, séduisant les oreilles les moins aguerries à ce style de musique, pas toujours facile d’accès pour les néophytes. Mais avec ce mélange d’indie, de blues et de musique électronique, on te propose quelque chose qui facilitera grandement ton entrée dans le monde du hip hop.

Sixième album en date pour le rappeur originaire de Jacksonville (Floride), « Cut the Body Lose » a été défini comme étant son album le plus agressif. Il propose néanmoins des hymnes gorgés d’émotions, tel que Running Away From God ». Un album centré sur les thèmes du combat, de la perte et de la déception, mais aussi sur le triomphe, la rédemption et la catharsis. Ce dernier mot te vaudra au moins 2000 points au Scrabble et impressionnera ta maman.



Artistes similaires :

P.O.S, Ceschi, Noize MC, Isaiah Toothtaker, Rejjie Snow, Mike Skinner, Loyle Carner, Buck 65, Beck.


Quelques anecdotes:

- Elevé dans la folk et la country du Sud, c’est à l’âge de 12 ans qu’il entre dans l’univers du rap grâce à des cassettes que lui donne son frère. Parmi celles-ci, le volume 1 des compilations « Jazzmatazz », produites par le célèbre rappeur Guru. Sur cette compilation se trouve MC Solaar (oui oui, Claude !) et cela va être un choc pour notre petit américain. Il cherchera alors pendant des semaines à pouvoir se procurer l’album « Prose Combat ». Dans une époque dominée par le punk et le rock (on est au début des années 90), il trouvera dans les effluves des MC de l’époque une créativité et une ouverture d’esprit inégalée.


- « Cut the Body Lose » est produit par le grand John Congleton, vainqueur d’un Grammy Award comme meilleur producteur, et connu pour son travail avec des grands artistes, tous styles de musique confondus : Sigur Ros, Modest Mouse, Lana del Rey, David Byrne, Blondie ou encore Explosions in the Sky. Il est également membre du groupe de rock alternatif texan The Paper Chase. Mais lorsqu’on demande à Astronautalis quel serait son producteur rêvé, ses pensées se tournent plutôt vers Nigel Godrich, producteur de Beck, Radiohead ou encore Charlotte Gainsbourg.


- En 2014, Bothwell s’associe à Justin Vernon (aka Bon Iver) et le batteur Sean Carey (non pas Danny Carey de Tool, S-E-A-N) pour former le super groupe Jason Feathers. Sous ce nom, ils sortiront l’unique album « De Oro », mélange de hip-hop et de musique électronique. C’est aussi la seule fois de ta vie où tu entendras Bon Iver hurler « Young as fuuuuuck » en auto-tune. True story.


- Plusieurs chansons de l’album font référence à l’ouragan Katrina qui, indubitablement, a marqué toutes les populations du sud-est des Etats-Unis. Dans « Running Away From God », il raconte ses visions d’horreur lorsque, peu après l’ouragan, il s’est rendu à Nouvelles-Orléans pour le mariage d’un de ses amis alors qu’il était en pleine tournée. Tout était méconnaissable et il se souvient que les panneaux d’indications étaient arrachés et que de l’eau stagnait encore dans les rues.


- On en parlait un peu plus haut, Astronautalis n’en est pas à sa première collaboration. Sur son album précédent (« This Is Our Science »), il avait notamment invité Tegan Quin, du célèbre duo Tegan & Sara. Mais il se risque aussi à des choses plus audacieuses. Tu le trouveras notamment – et étonnamment – sur la compilation « Minnesota Beatle Project Vol.4 », qui regroupe une série d’artistes reprenant des morceaux des Beatles au profit de bonnes causes. Astronautalis y reprend « Back In the U.S.S.R. » dans une version punk. À ne pas louper !


- A l’instar du folkeux de Radical Face ou de Rickolus, Andy vient de Jacksonville, et du même lycée qu’eux. Pourtant le discours est commun : ce n’est pas de l’école que vient cet amour pour la musique indépendante mais surtout du petit cinéma local, le Pablo 9 Theater. Andy explique que la jeune génération forgée au surf s’y retrouvait pour y déguster la fine fleur de l’indie avant chaque projection en musique d’ambiance. Le cinéma a aujourd’hui rendu l’âme, au profit d’un méga complexe où la musique doit être, malheureusement, bien différente.


Prochaine date près de chez toi :

Astronautalis sera en tournée en Europe en janvier 2019. Si rien n’est encore prévu à l’heure actuelle en Belgique, il passera par Amsterdam, à la Sugar Factory, le 15 janvier.


Pour en savoir plus :

www.astronautalis.com


“For like an indie artist, you know, you can’t really expect a rocket to the moon. With my albums, you just can hope that the escalator that you’re on that’s taking you to the moon is speeding up and speeding up and speeding up.

Astronautalis, interview pour le Berlin Beat Magazine, 14 février 2012.



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